Questions à Arnaud Briand (Coluche)

Publié le par Nicolas Belia

Trois questions à...

Arnaud Briand

Livre
Coluche
Tu nous manques enfoiré


Pourquoi avoir choisi de réaliser un livre sur Coluche ?
« Les raisons sont multiples. Mais la plus importante d’entre elles est que, pour moi, Coluche est un sujet passionnel. Dès ma jeune enfance, j’ai développé mon érudition et mon sens critique en écoutant les 33 tours des spectacles de Coluche. Je les passais à l’infini ! Il faut dire que je portais plus d’intérêt à ses propos qu’à ceux que tenaient mes parents ou mes enseignants. Avec lui, c’était un tel plaisir d’apprendre et de comprendre les subtilités de la vie. Coluche savait évoquer, sans tabou, les sujets les plus délicats et les plus sensibles de notre société, du sexe à la politique, en passant par le racisme ou l’argent. Même s’il se cachait adroitement derrière sa dérision, je sentais qu’il nous livrait des vérités en toute sincérité. J’ai grandi avec lui et découvert le monde à travers son prisme. Coluche a pris une grande place dans ma vie et je m’étais juré, qu’un jour ou l’autre, je lui rendrais hommage. »

Pourquoi avoir choisi de réaliser un recueil de témoignages ?

« N’ayant jamais approché Coluche, je savais qu’on ne manquerait pas de me reprocher, le jour où je chercherais à écrire un ouvrage sur lui, mon manque de légitimité. Comme je ne souhaitais pas écrire une énième biographie, d’autant qu’il en existe déjà de très documentées, j’ai cherché à faire renaître Coluche en rencontrant des proches qui ont pu l’apprécier humainement et professionnellement.Chaque rencontre m’a apporté son lot d’émotions. Chaque rencontre m’a aussi permis de découvrir un Coluche que je méconnaissais, notamment son mal être. Et chaque rencontre m’a enfin permis de dévoiler la complexité, la fragilité, la sensibilité et la générosité de cet être intellectuellement au-dessus du lot. »

Quel témoignage vous a le plus marqué ?

« Ils m’ont tous marqué, à des niveaux parfois différents. Ils m’ont permis d’apprécier un peu plus, si c’était possible, cet artiste sans équivalent. Ils m’ont aussi permis de constater à quel point nous étions encore très nombreux à le pleurer. L’absence de certains témoignages m’a aussi beaucoup marqué. Si parfois les raisons étaient louables, d’autres fois elles l’étaient moins… Ce qui est marquant aussi, c’est de se rendre compte que, vingt ans après, la mort de Coluche n’est pas véritablement élucidée. Elle laisse toujours la place aux doutes et aux fantasmes. On ne saura jamais si Coluche a été notre Kennedy. On ne saurait jamais s’il a été assassiné parce qu’il dérangeait. A moins qu’il n’ait été qu’une simple victime de la route. Comme le chantait Renaud, Putain de camion...»

Publié dans absolum

Commenter cet article

Mélusine 19/11/2005 14:04

Coluche...un comique comme on en fait trop peu auojurd'hui malheureusement !!! Ceux qui n'avaient pas peur de dirent ce qu'ils pensent, qui n'avaient pas peut de s'exprimer de leur propre manière...sans se soucier de ce qu'on pouvait en penser, ou de ce que les "bourges" allaient être choqués.
Bref...il manque à l'heure actuelle...mais je citerais aussi J-P. Desproges, Thierry Le Luron...
A bientôt sur ton site très sympa !